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Société de la Saskatchewan
Société historique de la Saskatchewan

002: Baptême de la nouvelle capitale

Histoire abrégée de la fransaskoisie

Regina, Ville Centenaire

2e article
Baptême de la nouvelle capitale

«Si les plans du Lieutenant-gouverneur DEWDNEY réussissaient, la section 26 deviendrait presque certainement l'un des plus importants secteurs de la ville. Si ces terres qui furent par la suite divisées en 6,500 lots environ, étaient vendues au prix unitaire de 250 $, soit le prix moyen en 1882-83 pour un lopin de terre en milieu urbain, les deux compagnies mises sur pied par DEWDNEY réaliseraient une jolie fortune ... Ces terres ayant été acquises pour une somme de 3 360 $, un profit de un million de dollars était possible en vendant seulement les deux tiers de ces lots.» Très peu d'autres spéculateurs avaient acheté du terrain à proximité de cet endroit. Bien que le C.P,R. ait été désigné pour choisir l'emplacement de la nouvelle capitale conjointement avec le gouvernement, que représentait ici E. DEWDNEY c'est ce dernier qui avait en fait la main haute sur la décision à prendre; sans autre formalité le 30 juin 1882, le gouverneur épinglait à une tente un simple avis écrit de sa main, par lequel il proclamait la réservation des terres comprises dans le township 17, range 20, aux fins de développement. Le 7 août, un inspecteur des Terres y ajoutait le range 19. Le site de la future capitale était à toute fin pratique choisi. Cette décision fut annoncée officiellement le 12 août 1882 par un télégramme adressé de Winnipeg au Premier ministre canadien, Sir John A. MACDONALD par le président du C.P.R., George STEPHEN: «Dewdney here. Have agreed on location of capital new province on Pile of Bones Creek.»

L'endroit choisi par Edgar DEWDNEY pour établir la nouvelle capitale était situé à proximité de la plaine où aurait lieu, en 1884, la dernière grande chasse au bison; ce lieu était connu sous divers vocables: Pile O'Bones, Manybones. ou encore Bone Creek. pour les Anglais; Tas d'os, pour les Français; Oscana Kasasteki, ou Oskunah-Kasas-Take, dans la langue des Cris, ou encore Oscana, ou Wascana, du nom du ruisseau qui a donné son nom au lac artificiel qui baigne maintenant la capitale provinciale. C'est sur les rives de ce ruisseau que le chef des Sioux, TAUREAU-ASSIS, ou SITTING DULL, s'était arrêté avec deux mille guerriers après son massacre de l'armée du général américain CUSTER en 1876.
La décision inattendue de DEWDNEY entraîna des plaintes et des dénonciations acerbe à Ottawa, mais le représentant de Sa Majesté dénia que ses intérêts personnels avaient influencé son choix; il expliqua au Premier ministre qu'il ne possédait qu'un faible intérêt dans les 28 sections de terres achetées par ses compagnies, alors que ceux qu'il détenait à la ferme de Indian Head, centre rival dans «le choix qu'il avait eu à faire étaient plus qui doubles de ceux qu'il détenait ici, et il fut en mesure de prouver ces deux affirmations.»

Toutefois, il semble que DEWDNEY ait réussi à convaincre MACDONALD que les spéculations auxquelles il se livrait à titre personnel, n'avaient rien à voir avec les obligations de sa charge de Lieutenant-gouver-neur des Territoires. Il eut cependant à se mesurer avec les magnats de l'entreprise immobilière, dont le château fort se trouvait à Winnipeg, et il dut soutenir une bataille qui l'empêcha, semble-t-il, de réaliser pleinement les profits qu'il anticipait.

Par ailleurs, après l'arrivée du chemin de fer à Regina, le Commissaire aux Terres du C.P.R., J.H. McTAVISH, décidé à déjouer les plans de DEWDNEY, décida, avec l'assentiment de VAN HORNE, de bâtir la gare du C.P.R. environ deux milles à l'est de la section 26, c'est-à-dire loin de l'endroit prévu par le gouverneur. Finalement, en mars 1883, seule ment une portion négligeable de la section 2 avait été vendue ...
Il restait à trouver un nom pour la nouvelle capitale. Celui de Wascana, qui collait bien à la réalité des lieux et présentait le mérite d' honorer les autochtones, ne fut pas jugé assez «digne» pour une capitale, non plus que le non Assiniboia, qui fut aussi rejeté. Le nom Léopold fut alors suggéré à Ottawa; il s'agissait selon certains auteurs d'honorer le plus jeune fils de la Reine VICTORIA, qui portait ce prénom; selon le père MORICE, il s'agissait plutôt probablement, d'honorer le roi des Belges LEOPOLD II, alors en visite chez la Reine VICTORIA; le monarque jouissait alors d'un grand prestige en raison du fait qu'il négociait l'achat du Congo avec l'explorateur britannique George STANLEY; ce dernier avait exploré cet immense territoire de l'Afrique équatoriale aujourd'hui le Zaire, et la Grande-Bretagne avait refusé de financer ses explorations. Mais le nom Léopold fut aussi rejeté par Ottawa. Le marquis de LORNE, Gouverneur général du Canada, fut alors chargé de proposer lui-même un nom pour la capitale des Territoires du Nord-Ouest; ce fut son épouse, la Princesse LOUISE, fille de la Reine VICTORIA, qui choisit le nom latin REGINA, pour Reine, en l'honneur de son illustre mère. Le baptême officiel de la, nouvelle capitale territoriale coïncida avec l'arrivée du premier train de passagers à Pile of Bones Creek le 2 août 1881. La cérémonie eut lieu en présence des invités du directeur général du Canadian Pacific Railway, William C. VAN HORNE, dans le wagon privé de ce dernier. Au nombre des éminentes' personnalités présentes se trouvaient le Lieutenant-gouverneur Edgar DEWDNEY et son épouse, et le juge Francis JOHNSON, de Québec, en fonction précédemment au Manitoba et dans les Territoires du Nord-Ouest. Le juge JOHNSON porta alors un toast au succès de «REGINA, QUEEN CITY OF THE PLAINS». Et le Lieutenant-gouverneur répondit à ce toast par un discours typiquement sur optimiste aux yeux de ceux qui étaient loin de croire en cet avenir brillant que l'on prédisait pour la nouvelle capitale ...

Tous droits réservé: René Rottier

1 Regina The Queen City, Earl Drake, pp. 11 à 15.
2 Ibidem, Earl Drake, pp. 11 à 15.
3 Ibidem, Earl Drake, pp. 11 à 15.
4 Ibidem, Earl Drake, pp. 11 à 15.
5 Ibidem, Earl Drake, pp. 11 à 15.
6. Ibidem, Earl Drake, pp. 11 à 15.

Photo: Edgar Dewdney. Reproduit de la collection: The Saskatchewanians.






 
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