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Des gens

Irène Chabot

Pour bien des femmes canadiennes-françaises de la Saskatchewan d’antan, une implication sociale commençait d’abord et avant tout avec la paroisse; le club local des Dames de Sainte-Anne, celui des Dames de l’Autel ou d’un autre organisme féminin religieux local.
Comme bien d’autres de ses contemporaines, Irène Chabot a débuté son action sociale dans sa paroisse natale de Ferland avant de briller sur la scène provinciale à titre de présidente de l’ACFC. Elle est née durant la crise économique des années 1930, la fille d’Aristide Fournier et de Pearl M. Kemp de Ferland. Son père était agriculteur et sa mère, anciennement une enseignante, œuvrait avec les Dames de Sainte-Anne de Ferland. Durant les années 1960, Pearl Fournier a contribué à l’établissement de la Fédération des femmes canadiennes-françaises dans le diocèse de Gravelbourg. Plus tard, elle a aidé à répandre le mouvement dans le nord de la Saskatchewan, en Alberta et même au Manitoba.

Irène Fournier épouse Alfred Chabot à Ferland en 1949. Durant les années 1950 et 1960, tout en élevant ses enfants, elle appuie l’implication de son mari dans les divers mouvements francophones de la province, comme l’ACFC, l’ACEFC, la radio française, etc. Comme sa mère, Irène Chabot s’implique avec les Dames de Sainte-Anne, la Ligue des femmes catholiques du diocèse de Gravelbourg et éventuellement la Fédération des femmes canadiennes-françaises.

Les années 1970 voient une plus grande implication des femmes dans les mouvements francophones provinciaux. En 1977, Irène Chabot succède à Clotaire Denis au poste de président de l’Association culturelle franco-canadienne de la Saskatchewan. Elle est la première femme à assumer ce poste. Pendant six ans, elle détient le plus important poste de la communauté fransaskoise. Ce sera une période de grande transition pour la communauté francophone dans l’arène politique, avec l’établissement du Bureau de la minorité de langue officielle, le début de l’affaire Mercure, le rapatriement de la constitution, l’adoption de la charte des droits de la personne et la tenue d’un premier référendum au Québec en 1980. Ce sera aussi une période d’évolution culturelle pour les Fransaskois : adoption du drapeau fransaskois, création de la fête fransaskoise, etc.

En 1983, elle cède la présidence de l’ACFC, mais elle est loin d’avoir terminé son implication sociale dans le communauté fransaskoise. Elle continue à œuvrer avec la Fédération des femmes canadiennes-françaises et elle accepte la présidence du Conseil d’administration du Collège Mathieu, poste qu’elle retient pendant plus de dix ans. Suite à l’incendie du collège en 1988, elle épaule bien le directeur de l’institution, Florent Bilodeau, alors qu’on décide de reconstruire à Gravelbourg.

Aujourd’hui, Irène Chabot est encore impliquée avec l’Amicale du Collège Mathieu. Elle s’occupe à tenir à jour la banque de données des anciens et à superviser la publication du Trait d’Union. Elle est aussi gardienne des milliers de dossiers de la FFCF et caresse le rêve d’éventuellement publier une histoire de cet organisme féminin… peut-être dédiée à la mémoire de sa mère, Pearl M. Kemp, celle qui lui a donné le goût de l’implication sociale communautaire.

Comme première femme présidente de l’ACFC et du Collège Mathieu, Irène Chabot mérite une place spéciale dans le panthéon des femmes fransaskoises.





 
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